Cibelle
(critiques)
posté le samedi 23 septembre 2006 13:19
Alors que son deuxième album " The shine of dried electric leaves ", sorti en avril 2006, fait un carton, revenons sur la trajectoire de Cibelle, cette artiste brésilienne hors normes.
Repérée toute jeune dans son Brésil natal, elle fut tout d'abord mannequin, puis actrice dans des spots publicitaires ou des films avant de se mettre à chanter dans les bars de Sao Paulo lors de Jam sessions.
Au cours de l'un de ces concerts improvisés elle fait la rencontre de Suba, producteur qui dans les années 90, révolutionne la musique brésilienne en lui apportant une touche électro sur " Sao Paulo confessions ", disque sur lequel on retrouve la voix de Cibelle....
Le premier album éponyme de la jeune brésilienne voit le jour en 2003. Il fait de Cibelle, agée alors de 25 ans, l'artiste en vogue de cette nouvelle scène électro-brésilienne. Il est d'ailleurs à noter que cet album fut mixé à Londres par Chris Harrisson et Pete Norris (Morcheeba).
Puis en 2006, après 18 mois de travail acharné (Cibelle compose et écrit la plupart de ses chansons) entre Londres (où elle habite) et Sao Paulo (sa ville d'origine), elle sort son deuxième album. Pour celui-ci elle s'est entourée du mixer parisien Yann Arnaud (Air, Sébastien Schüller), Seu Jorge, Devendra Banhart et Spleen....rien que ça !!!!!
La première chanson, Green gras, reprise de Tom Waits, est un vrai bijou sur lequel la voix aigüe de Cibelle vient s'unir à l'originalité d'un bandolino.... un vrai délice, un dépaysement, le début d'un voyage vers un autre monde, celui d'un brésil moderne, fabuleux.
Tirant son inspiration à la fois de la bossa-nova, du blues, du folk, du jazz, de la pop ou de l'électro, Cibelle surprend par sa maturité et son originalité.
"London, London", avec Devendra Banhart, reprise de Veloso, grand chanteur brésilien qui écrivit cette chanson dans les années 70 lors de son exil forcé à Londres, prend ici un sens nouveau, clin d'oeil à l'exil volontaire de Cibelle à Londres.
Spleen, le collaborateur entre autres de Cocorosie, rejoint notre douce brésilienne sur "Mad man song", chanson où tous les sons ont été fabriqué par les 2 artistes s'aidant de leurs voix et de divers ustensiles de cuisine (cuillères, tasses, café, sucre etc...).
Seu Jorge pose lui sa voix suave sur "Arrête là, Menina".
En conclusion je dirais que cet album aux arrangements électro-acoustiques sensuels est une invitation à un voyage poétique... à déguster sans retenue ni arrière pensées.... un délice...